Votre tout petit enfant n’est pas encore entré à l’école Maternelle
Encourager le plaisir des gribouillis, des dessins, des graphismes libres, c'est le préparer au plaisir d’écrire. Il fait des expériences affectives et motrices importantes pour l’apprentissage futur de l’écriture.
Votre enfant est à l’école Maternelle
Vous avez un doute sur sa latéralité : quelle main choisir pour le graphisme et l’écriture ?
20% des enfants de 5 à 7 ans ne sont pas nettement latéralisés. Soyez patients, attendez que la maturation motrice se poursuive. Si les passages d’une main à l’autre se prolongent en fin de Grande Section de maternelle, consultez alors un psychomotricien.
Votre enfant à l’école Élémentaire (du CP au CM2)
Écrire est un processus complexe. Votre enfant doit apprendre les règles calligraphiques, imiter un modèle, faire de gros efforts surtout au début de l’apprentissage. Encouragez-le, rassurez-le si les progrès stagnent afin qu’il ne se décourage pas. Cet apprentissage est long et bien difficile pour l’enfant.
Votre enfant à la maison
Votre petit rentre à la maison avec des devoirs ?
Avant d’écrire !
Votre enfant a souvent besoin de se décontracter avant de commencer ses devoirs. Un climat de détente permet une meilleure attention. Ne faites pas de commentaires négatifs sur l’écriture du cahier de texte (il a noté ses leçons et ses devoirs en fin de journée avec souvent une grande fatigue). Les remarques peuvent être blessantes et le détourner de l’envie et du plaisir d’écrire.
Valorisez ses efforts, ses progrès. Cela lui évitera toute crispation et tension qui interfèrent sur la conduite du geste graphique.
Bien s’asseoir pour bien écrire !
Le mobilier doit être adapté à son âge. L’enfant doit être stable sur sa chaise, ses deux avant-bras sur la table, les pieds posés au sol, le buste un peu incliné vers la feuille (la tête est à environ 6 cm de la feuille à 5 ans puis 20 cm vers 10 ans) sans raideur, ni crispation du dos ou des épaules. L’enfant de CP appuie son buste sur la table : il a besoin de cet appui pour stabiliser sa posture. Il s’éloignera ensuite de la table sauf s’il a une posture effondrée. Pensez à l’éclairage de la table. Attention aux ombres sur le cahier. Choisissez une pièce calme. Le moment réservé à l’écriture demande un espace favorable à la concentration.
Quel stylo pour bien écrire ?
Le choix du stylo est important ! Proposez à votre enfant d'en essayer plusieurs : plus il teste et expérimente, plus il développe ses compétences.
A noter : les stylos à bille ou avec des pointes dures sont à bannir lors de l’apprentissage de l’écriture ou en cas de difficultés. En effet, il faut en général redresser le corps du stylo pour que l’encre coule bien, ce qui conduit l’enfant à adopter des prises compensatoires. Les pointes de ces stylos sont aussi très dures, et elles n’offrent pas de retour d’information sur la pression exercée, alors que cela est essentiel pour que l’enfant puisse affiner ses perceptions. L’enfant peut choisir un feutre avec une taille de pointe qui lui est confortable ou un stylo encre qui lui plaît. De nombreux stylos triangulaires ou avec emplacement des doigts existent et peuvent être essayés par l’enfant.
Quelle bonne tenue du stylo ?
Un stylo se tient entre la pulpe du pouce et la première phalange du majeur avec l’index qui repose souplement sur le stylo. Les trois doigts forment ainsi un cercle : c’est la pince ronde. Les doigts sont souples, sans crispations.
Quelle attitude avoir quand votre enfant a des difficultés d’écriture ?
Montrez-vous patient, serein, n’arrachez pas la feuille mal écrite, ne faites pas recopier : votre enfant ne fait pas exprès de mal écrire, il en souffre ! Essayez de comprendre ce qui est difficile pour lui : douleurs, crispations qui entraînent une grande fatigue, difficultés à écrire aussi vite que ses camarades, découragement devant une écriture maladroite, manque de confiance en soi en raison des remarques de l’enseignant ou des camarades de classe.
L’enfant qui a des difficultés à bien écrire ne le fait pas exprès, il n’a juste pas les outils pour faire mieux. D’une façon générale, les injonctions « Applique-toi, fais un effort ! » le renvoient à une incapacité qu’il n’a pas les moyens de travailler seul, et le placent en position d’échec, générant frustration et sentiment d’injustice. Les encouragements et la phrase « fais de ton mieux » sont beaucoup plus positifs et ont de bien meilleurs résultats.
Dans tous les cas, il est important de rassurer, de pointer sur les efforts et d’encourager.
À la maison, choisissez avec lui de courtes tâches pour lesquelles il devra avoir une exigence qualitative. Pour le reste, laissez-le écrire avec son style personnel. Encouragez la lisibilité et tolérez que l’écriture ne soit pas régulière, plus ou moins grande, plus ou moins sur la ligne. L’objectif premier est que l’enfant se relise puis que l’on puisse le relire.
Et si les difficultés d’écriture persistent, consultez dès que possible un graphothérapeute pour faire un bilan d'écriture.
Et les gauchers ?
Favorisez une position de la main sous la ligne dès l’apprentissage de l’écriture grâce à une inclinaison de la feuille vers la droite. Cette position permet d’écrire avec moins de fatigue et plus de rapidité. Les mouvements du bras gauche doivent être libres. De nombreux stylos pour gauchers existent : à choisir avec votre enfant.
En général, l’enfant gaucher écrit aussi bien et aussi rapidement que l’enfant droitier si la position de la main, la tenue du stylo et l’inclinaison de la feuille (à partir du CE1) sont adaptées à l’activité d’écriture.